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Japon : le pays qui nous a le plus dépaysé pendant notre tour du monde

Quelques idées reçues vite dépassées

Le Japon véhicule malheureusement de nombreuses idées reçues. En autre, celle d’une société uniformisée où l’on travaille d’arrache pieds nuit et jour, d’un peuple sans humour et ultra-discipliné… Et effectivement, nous avons pu remarquer la discipline japonaise, ce qui est loin d’être déplaisant, notamment dans les transports en commun. Les gens se respectent et c’est franchement très appréciable. Toutes ces idées reçues ne sont finalement pas des inconvénients pour nous, habitués à la foule parisienne indisciplinée, sauvage et mal élevée.

Un peuple doux et attentionné

Nous avons aussi remarqué que les visages sont fermés au premier abord mais qu’ils s’illuminent dès qu’un premier contact est créé, notamment grâce à notre petite exploratrice. Les relations humaines ont vraiment leur place au Japon et sont placées sous le signe de la gentillesse et de la courtoisie. Ce peuple est vraiment attentionné, bienveillant et respectueux. Chaque contact, chaque accueil au restaurant, chaque regard échangé dans la rue ou dans le train a été l’occasion d’un transfert d’énergie positive !

Dans les transports en commun, les japonais sont posés, calme et toujours disposés à aider le touriste un peu perdu. Nous nous rappelons d’une gentille mamie qui nous voyant chercher notre route a décidé de faire un grand détour par rapport à son itinéraire préalable pour nous amener au lieu précis de notre visite. Sans rien dire, elle est repartie sur ses pas. De la pure gentillesse sans rien attendre en retour !

Une culture difficilement décryptable

Nous avons souvent été mal à l’aise ne sachant pas comment réagir face à certaines situations de la vie quotidienne. Comment agir ? Réagir pour ne pas choquer ? Le Japon a sa propre logique qui nous échappe. Malgré l’occidentalisation à outrance du pays, nous nous retrouvons très décalés et vite perdus.

Pour un japonais, la dualité n’a pas sa place. Tout se rejoint et se mêle. Cela remonte à une grande tradition empreinte de taoïsme et du fameux yin yang. De plus, les japonais vivent complètement cette notion qui est très en vogue en Europe : l’instant présent. La notion de l’impermanence est totalement enracinée dans chaque âme japonaise. Ce sentiment d’éphémère est omniprésent d’autant plus depuis le 11 mars 2011 avec la catastrophe de Fukushima.

Une gastronomie variée, subtile et délicieuse

Nos papilles sont tombées sous le charme des saveurs de la cuisine japonaise. Il est d’ailleurs bon de souligner que la cuisine japonaise est inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité ! C’est pour dire. Par conséquent, résumer tant tant de richesse et de variété n’est pas chose aisé (Taiyaki, udon, ramen, tenpura, yakitori, yakisoba, teppanyaki, shabu shabu, sukiyaki…).

Mais ce qui nous a encore plus surpris, c’est le détail apporté à chaque plat, la délicatesse et la beauté des présentations. Devant chaque restaurant, des plats factices sont représentés (tous plus beaux les uns que les autres)… et souvent nous fumes bluffés. Il n’y avait pas de de différence entre les photos des menus et la réalité ! Ce souci du détail et l’amour du beau est incroyable. La gastronomie s’apprécie autant avec les papilles qu’avec les yeux au Japon.

Un art de vivre particulier et très attirant

Nous arrivons au Japon le 12 avril en pleine période de la fleuraison des cerisiers japonais. Une aubaine ! Mais c’est aussi une période très touristique. Nous décidons d’y rester que 2 semaines afin d’éviter l’affluence de la « golden week » début mai. En effet, durant une dizaine de jours (la plupart fériés), la majorité des japonais prennent leurs vacances. Le pays est à l’arrêt et les sites touristiques sont pris d’assaut. Autant vous dire, que cela ne nous emballe pas du tout ! Nous prenons donc la décision de ne rester que 15 jours et de placer notre camp de base à Kyoto, l’ancienne capitale impériale.

Malgré un ciel bleu et le soleil qui pointe, les températures sont bien plus fraiches qu’en Nouvelle Calédonie.

Kyoto, des temples par centaine

A Kyoto, pas moins de 17 sites sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. La ville regorge de temples bouddhistes (1600 si mes sources sont bonnes) et de sanctuaires shintos (à peu près 400). La ville a ce charme particulier d’être entourée de montagnes. De nombreux jardins rendent la visite fort agréable, d’autant plus au printemps, quand le rose des cerisiers vient parfaire le tableau. Kyoto est traversée par la rivière Kamo et de nombreux petits ponts rendent la balade romantique.

Se mêler à la vie locale, la meilleure façon d’appréhender la culture japonaise

Observer les Japonais se recueillir, allumer des encens, des bougies. Il est de coutume d’acheter un petit papier prédisant l’avenir (o-mikuji) que l’on peut nouer à la branche d’un arbre. Il est aussi très fréquent de voir dans l’enceinte des temples des petites plaques votives sur lesquelles sont inscrits des souhaits personnels. Les petites boutiques des temples vendent toutes des bijoux protecteurs pour toutes sortes de demandes (mariage, enfants, réussite aux examens, santé, carrière…). Foi ou superstition ?

Nous avons aimé nous perdre dans les ruelles du quartier de Gion, là où se trouve le cœur historique de Kyoto. Chaque petite maison en bois parfaitement ordonnée donne envie de s’y inviter.

Nous avons aimé nous promener dans les différents temples et sanctuaires de Kyoto mais nous n’allons pas vous clamer la splendeur de tous ces lieux car les impressions très positives sont relativement toutes les mêmes. En revanche, nous allons illustrer quelques visites qui nous ont particulièrement plu pour vous donner un petit goût de la culture nipponne.

Le pavillon d’argent (Ginkakuji) , tout en sobriété et humilité

C’est l’un des endroits que nous avons préféré visiter. Authentique et poétique, sa beauté se révèle au fur et à mesure de la visite. Nous nous laissons complètement happer par la douceur et le charme de ce lieu. Nous ne nous lassons pas d’observer chaque détail dans ce paysage épuré, où chaque pierre possède SA place. Le magnifique jardin offre de jolies vues sur Kyoto. Ce temple possède des lignes sobres. Il s’en dégage un sentiment d’harmonie et d’équilibre, les clés de l’esthétisme japonais actuel.

Pour l’anecdote historique, le Japon n’aurait pas été adepte de la sobriété esthétique comme il l’est aujourd’hui. C’est sous l’influence du zen, qui s’est développé au 13ème siècle, que l’idéal du simple et du dépouillement devient à la mode. En même temps que l’émergence de la cérémonie du thé, l’art des fleurs (Hikebana) et des jardins secs.  Quelques siècles plus tôt, les couleurs vives, les rouges, l’or étaient très appréciés, comme nous avons pu l’observer au château de Nijo.

Le Chemin des Philosophes

Non loin du pavillon d’argent se trouve le chemin des Philosophes. Cet endroit a été rendu célèbre par un philosophe zen (Kitarô Nishida ; 1870-1945) qui l’empruntait chaque jour pour y méditer. Cette promenade bucolique nous a permis de marcher sous les cerisiers en fleur tout en visitant quelques temples disséminés sur ce chemin. Délicieux et poétique à souhait. Ce jour-là, la douceur du soleil est venue caresser nos peaux habituées à la chaleur… vraiment très agréable !

Fushimi inari, la carte postale du Japon traditionnel

Ce lieu, empreint de spiritualité avec toutes ses tooris vermillon, dégage une atmosphère réellement magique. Entouré de forêt, et légèrement en hauteur, nos yeux sont littéralement hypnotisés par ces couleurs orangées et verdoyantes. Tous nos sens étaient en éveil car de nombreux oiseaux gazouillent. Nous sommes nombreux à visiter ce lieu et pourtant une grande harmonie s’en dégage et beaucoup de douceur.

Des marches, des torii, des marches, des torii…

Au fur et à mesure de notre avancée, nos respirations se font plus haletantes. Notre petite exploratrice a décidé de faire elle aussi le pèlerinage et ne manque pas de faire sourire les visiteurs. A chaque arrêt, nous reprenons notre souffle et en profitons pour admirer la splendeur du paysage. Mila remarque que de nombreuses statues sont des renards. En effet, ce sanctuaire est dédié au dieu Inari (qui veut dire « renard » en Japonais). Ce dieu était prié à l’époque par les cultivateurs qui espéraient avoir de belles récoltes.

Pour se rendre à Fushimi Inari, il faut prendre la ligne JR Nara jusqu’à la station Inari depuis Kyoto station. Ce qui est notable pour un site touristique japonais, c’est qu’il est gratuit. Parcontre, vous ne serez pas seuls à venir alors armez-vous de patience pour avoir une photo sans touriste dessus… Il faut compter entre 2 et 3 heures de marche pour atteindre le sommet et redescendre.

15 jours passés à toute vitesse !

Nous avons vécu de très bons moments et découvert un pays magique, aux paysages enchanteurs. Pour cette première expérience nipponne, toutes nos appréhensions ont été levées et même plus encore. Nous avons été charmés par le respect et la douceur de vivre qui se dégage. Nous avons tant à apprendre dans leur façon de vivre ensemble. Et bien plus encore ! Cette première approche du Japon nous a vraiment donné envie d’y revenir. Ce pays à la culture millénaire mystérieuse et empreinte de traditions nous a vraiment charmés et complètement dépaysés.

Arigatô Japon !

A bientôt les explorateurs.

Prochaine destination : San Francisco

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2 Comments

  • Reply Fanny

    Merci pour ce partage à la fois de vos photos et de vos ressentis. Cela me donne encore plus envie de découvrir ce pays si riche d’une très belle culture.

    08/09/2019 at 12:29
    • Reply mila@milalexploratrice

      merci ma petite Fanny. Contente que cet articles et les photos te donnent envie d’aller y poser tes bagages… ça vaut vraiment le détour ! à tout point de vue…

      12/09/2019 at 21:24

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